Par , le 04 novembre 2012 à 00h39

Une urticaire chronique, mais à quoi donc ?

Contrairement à ce que l'on croit, l'urticaire chronique est une maladie de la peau qui n'a rien, ou peu, à voir avec une allergie. Décryptage.

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Seringue - uricaire chronique
L'allergie n'est en effet qu'une fois sur 3 ou 4 le point de départ d'une urticaire. Celle-ci se développe sinon pour de très nombreuses raisons, un parasite, un colorant alimentaire, une maladie auto-immune, etc., via le système immunitaire et plus précisément des cellules du derme, les mastocytes.

Selon la nature de ses déterminants, l'urticaire évolue sur un mode aigu, c'est le cas le plus fréquent (quand les plaques sont fugaces et ne réapparaissent plus), ou chronique, sur plusieurs semaines, quand elles s'éternisent ou resurgissent, par poussées. Avec des jours "sans" et des jours "avec" (plaques).

Question de terrain
Cette maladie de peau, bénigne, est extrêmement fréquente puisque 1 à 3 % des Français ont un terrain d'urticaire chronique, soit que l'urticaire évolue depuis plus de trois mois, soit qu'ils ont des antécédents d'urticaire (aux fraises dans l'enfance par exemple). Ce qui veut dire que spontanément, ou après un effort, un stress, un aliment ou un médicament, ils développent de temps à autre des lésions d'urticaire : des papules plus ou moins disséminées, un prurit (ces plaques démangent) et/ou des œdèmes, souvent sur le visage ou les mains.

Quelle que soit la cause, les "lésions" ont la même allure. Rien à voir avec de l'eczéma, qui gratte aussi, mais dont les lésions sont fixées, vésiculeuses, pile à l'endroit du contact si cet eczéma est "de contact", lorsque la peau a été mise en contact répété et prolongé avec des molécules allergisantes (le nickel d'un bijou, le latex d'un gant, etc.).

Au tout commencement de cette réaction inappropriée, une fragilité des mastocytes dans le derme qui, préactivés, "éclatent" à la moindre sollicitation et libèrent de l'histamine, produisant la lésion d'urticaire. Celle que provoque la piqûre d'ortie (via les épines de sa tige et de ses feuilles), d'où son nom. Cette préactivation peut être le fait de la personne elle-même qui fabrique des anticorps contre ses propres mastocytes, ou provoquée par des allergènes type poussière de maison ou pollens. Les mastocytes sont alors en mesure d'être très, trop, vite opérationnels...

Les raisons d'urticaire
Première cause d'urticaire chronique (20 à 25 % des cas !), la toxocarose, une maladie qui se transmet par les selles des chiens. Les enfants se contaminent dans les bacs à sable des jardins publics qui peuvent abriter les œufs embryonnés du parasite. Les chiots doivent donc être systématiquement déparasités. Une piqûre d'insecte, araignée, moustique ou guêpe, déclenche elle aussi une réaction urticarienne plus ou moins intense selon les individus.

Une grande part des urticaires est due à une intolérance alimentaire : curieusement, on peut ne pas supporter un aliment, sans pour autant le manifester par des signes digestifs. L'intolérance au gluten est ainsi une cause croissante d'urticaire chronique.
Première victime de la confusion des genres, entre allergie et simple urticaire, la pénicilline et ses cousins, parce que du coup, on se prive à mauvais escient d'antibiotiques précieux... Une urticaire isolée sans signe digestif ou respiratoire n'est a priori pas de l'allergie ; autrement dit, un gonflement des lèvres isolé après ingestion d'un antibiotique doit être considéré comme une urticaire du visage. Le délai d'apparition de la plaque aussi est informatif, quasi-immédiat pour une allergie.

Le frottement d'un vêtement, l'effleurement d'un ongle peut encore déclencher une urticaire sur une peau sensible. La pression prolongée aussi (les lanières d'un sac) ou un bain à température trop élevée. Autres urticaires physiques, le froid, le soleil (après quelques minutes d'exposition, sur une zone jusqu'ici à l'abri) et parfois même l'eau.
Pour guérir une urticaire chronique, il faut en traiter la cause. Sinon, on soigne le symptôme, l'urticaire et ses démangeaisons, par des anti-histaminiques.

 


 

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