Un reflux gastrique, et son corollaire, les brûlures d'estomac

Au moins en première intention, les explorations complémentaires sont inutiles pour identifier la raison de brûlures d'estomac, la version adulte des régurgitations du nourrisson !

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La poche de l'estomac (et sa muqueuse est faite pour le supporter) contient un liquide acide qui permet de solubiliser les aliments, cet acide étant destiné à y rester... En certaines circonstances, le clapet anti-reflux entre œsophage (plus haut) et estomac est inopérant, ce qui rend possibles des régurgitations, acides donc et ressenties comme telles sur la muqueuse (inappropriée) de l'œsophage.

Un "simple" reflux gastro-œsophagien ?
Il est annoncé par un pyrosis, c'est-à-dire une sensation de brûlure dont le point de départ est à mi-chemin entre l'ombilic et la pointe du sternum, qui irradie ensuite dans la poitrine. La brûlure peut se terminer par une régurgitation acide ou plutôt amère, quand un peu de liquide gastrique revient dans l'arrière-gorge. Certains (2 à 5 %) compliquent leur reflux d'une œsophagite, une perte de substance de la muqueuse œsophagienne : les lésions, des érosions ou des ulcérations à la partie inférieure de l'œsophage, sont maximales juste au-dessus de la jonction de la muqueuse œso-gastrique. La fibroscopie n'est pas utile pour faire le diagnostic de RGO ; elle analyse les éventuelles conséquences d'un reflux (érosions, œsophagite, etc.) quand il s'éternise.

Cet examen est en revanche formellement conseillé pour les plus de 60 ans et si les symptômes sont atypiques (amaigrissement, anémie, etc.), signaux d'alarme d'un éventuel cancer de l'estomac (qui habituellement retentit rapidement sur l'état général) ou de l'œsophage (si l'on a beaucoup fumé et/ou surtout bu). Il permet aussi d'identifier un ulcère, sur une ulcération de la muqueuse gastrique, produite par une bactérie Helicobacter pylori (que l'on soigne avec des antibiotiques) et surtout certains médicaments (un sur 1000 patients traités par l'aspirine, un sur 100 pour les anti-inflammatoires).

Au royaume de l'automédication
Si le reflux se manifeste épisodiquement, au décours d'un repas trop copieux par exemple, ou si l'on se penche trop brusquement pour lacer une chaussure, on peut prendre au coup par coup un anti-acide (une solution bicarbonatée par exemple), éventuellement associé à un alginate, qui "tamponnent" l'acidité. Un stade au-dessus et maintenant sans ordonnance, quand il se produit plus d'une fois par semaine, un anti-sécrétoire d'acide par l'estomac, comme les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). À prendre au plus un mois sans avis médical.

Pour prévenir le reflux, repas léger le soir, que l'on mastique, lentement, coucher à distance, la tête surélevée, maîtrise du stress, point trop d'épices, de café ou de vin qui facilite la relaxation du clapet anti-reflux, de boissons gazeuses (leur teneur en bicarbonates ne compense pas l'effet des gaz...), pas du tout de cigarette, etc. Un gros ventre encore qui exerce une pression sur l'estomac plus haut déclenche le reflux.

Publié le 25 octobre 2012 à 18:15 (mis à jour le 25 octobre 2012 à 18h17)
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