En pratique, on évoque la possibilité d'un micropénis quand la longueur du pénis flaccide est de moins de 7,5 cm pour un Français, caucasien (blanc de type européen), entre 20 et 40 ans. Ou inférieure à 13,5 cm lorsque, flaccide toujours, elle est étirée (manuellement).
Les "vraies" (sans faille narcissique ou paranoïa sous-jacente) petites verges sont congénitales (déjà enfant, la verge l'était, petite) ou acquises : une amputation après un accident, une atrophie des corps caverneux après une maladie, une circoncision excessive, etc. La seule solution efficace est chirurgicale.
Réel ou fantasmé micropénis, une évaluation psychologique est indispensable avant d'envisager l'intervention, dont les résultats sont factuellement aléatoires et diversement appréciés selon les individus. Un accord écrit sur les objectifs est signé au préalable entre les parties : il ne s'agit pas ici de guérir, mais de créer les conditions d'un compromis qui permette de mieux gérer son image de soi. Le problème de l'argent doit aussi être évoqué, formalisé par un devis, tant les dérapages pour cette chirurgie esthétique sont nombreux... Sans justification médicale, elle n'est bien sûr pas prise en charge par l'Assurance maladie.
Pour allonger la verge, on sectionne le ligament suspenseur qui relie le pubis aux corps caverneux. On peut encore épaissir le pénis par une autogreffe de tissu graisseux prélevé sur l'abdomen ou les cuisses.
Les résultats ? Imprévisibles à long terme pour l'augmentation de volume pénien. Variables et modérés pour la longueur : un gain de 21 mm en moyenne pour le pénis flaccide, 30 pour pénis flaccide étiré et 17 en érection. À associer à une plastie de l'incision cutanée pour ne pas perdre le bénéfice de la section. La plupart des patients, en dépit de ces résultats modestes, ne regrettent pas l'intervention.
Les complications sont mineures pour l'essentiel, douleurs post-opératoires, hématome scrotal, œdème préputial, etc. Toutefois, on sait peu de choses de la stabilité axiale de la verge en érection, assurée par le ligament suspenseur, après l'intervention et de la biomécanique érectile peut-être chahutée par la modification de taille de la verge. Cette chirurgie est par conséquent encore expérimentale, ses risques sur la sexualité mal connus (on traite finalement un problème psychologique avec un bistouri). Des réserves à mettre en balance avec le fait qu'il n'existe aucune preuve de l'amélioration de la performance sexuelle grâce à l'allongement... et la constatation qu'un micropénis n'empêche pas une vie sexuelle satisfaisante !



