Une infection nosocomiale est contractée dans l'établissement de soins, comme son nom grec ! l'indique ("nosos" pour "maladie" et "komein" pour "soigner"). Autrement dit, le patient est indemne (d'infection) à son entrée et l'infection apparaît après un délai d'au moins 48 heures d'hospitalisation (le temps de l'incubation).
Pour les infections qui se développent sur ou à partir d'un site opératoire, l'infection est considérée comme nosocomiale si elle survient dans les 30 jours suivant l'intervention chirurgicale, ou même dans l'année de la pose d'un implant ou d'une prothèse.
Environ 5 % des patients hospitalisés en France (jusqu'à 30% en soins intensifs), soit un sur 20 tout de même, attrapent effectivement un germe nosocomial lors de leur séjour. Soit qu'ils s'infectent avec leurs propres micro-organismes, à la faveur d'un acte dit invasif ou en raison d'une fragilité particulière ; soit que le germe, présent chez un autre malade, soit transmis, par lui-même, les mains et matériels des soignants ou l'environnement (eau, air, alimentation, etc.). Le "simple" lavage des mains permettrait d'"économiser" près de la moitié de ces infections !
Zones à risque
En tête des infections nosocomiales, les infections urinaires, qui représentent à elles seules 40% de ces infections, suivies par les infections de la peau et des tissus mous (les viscères) à hauteur de 10,8%, les infections du site opératoire (10,3%) et les pneumopathies (10%). Certaines peuvent être considérées comme "normales" au regard de la pathologie à traiter et des moyens thérapeutiques à mettre en œuvre (un problème pulmonaire après un mois de ventilation artificielle en réanimation par exemple). D'autres résultent d'une erreur ou d'une négligence. On estime enfin qu'elles provoquent environ 9 000 décès par an. Dans le tiercé des micro-organismes responsables d'infections nosocomiales en France, Escherichia coli (25 %), le staphylocoque doré (19 %) et Pseudomonas aeruginosa (10 %).
Un milieu de plus en plus sécurisé
Chaque (la quasi-totalité) établissement dispose d'un Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN), chargé de coordonner la surveillance, la prévention et la formation continue des personnels en matière de lutte contre ces infections, et associé à une équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière.
La préparation des dispositifs médicaux stériles, la désinfection manuelle des endoscopes souples, ont été réglementairement encadrées. Des recommandations pour la prévention et la surveillance des infections nosocomiales, des guides de bonne pratique de désinfection, destinés aux différentes spécialités concernées (anesthésie-réanimation, gastro-entérologie, ophtalmologie et contactologie notamment), en ville ou à l'hôpital, sont régulièrement actualisés.
Le bon usage des antibiotiques
Un autre moyen de limiter les infections nosocomiales est de faire en sorte qu'une infection quelle qu'elle soit reste facile à traiter, autrement dit que le microbe à l'origine de la maladie soit toujours sensible aux antibiotiques. Or la proportion de bactéries résistantes responsables d'infections nosocomiales est élevée et stable...
Pour inverser la tendance, un usage raisonné de ces médicaments précieux est indispensable ("ils ne sont pas automatiques !"), l'objectif étant qu'ils puissent être efficaces sur des infections plus "sérieuses". Il s'agit donc de les prendre à bon escient, sur avis médical uniquement, quand l'infection est réelle, de respecter les doses, rythmes et durée d'administration (sans sous ou surdosage). En ce qui concerne l'antibioprophylaxie chirurgicale (des antibiotiques que l'on donne avant une intervention, sur une dent par exemple, pour éviter une infection ultérieure), des protocoles ont été validés sur les justes posologies.



