L'apnée du sommeil : Trop de ronflements ?

Près d'un tiers des ronfleurs (60 % des personnes en surpoids) souffrent d'un “syndrome d'apnées du sommeil“ (SAS) qui fragmente leur sommeil et les rend moins vigilants le jour. Or la plupart (presque neuf fois sur 10) ne savent pas qu'ils sont malades et qu'il leur faudrait consulter...

apnée du sommeil
Le SAS ne se résume pas à son symptôme le plus audible, le ronflement ! Ce trouble du sommeil associe en effet des apnées la nuit, plus de 15 voire 30 apnées (une interruption de la respiration de plus de 10 secondes) par heure de sommeil, et une somnolence excessive le jour. L'origine de ces apnées ? La fermeture épisodique des voies aériennes supérieures, en raison d'un collapsus pharyngé nocturne (un relâchement des muscles du pharynx), facilité par de grosses amygdales, une petite mâchoire inférieure ou si le pharynx est infiltré de graisse en cas de surpoids.

Quelle que soit l'anomalie "starter", l'arrêt respiratoire provoque une diminution de l'oxygène (O2) et une augmentation du gaz carbonique (CO2) dans le sang. Cet excès de CO2 stimule les centres respiratoires situés dans le cerveau, ce qui éveille le patient, ainsi "invité" à reprendre son souffle ; il le fait habituellement de façon bruyante. Même s'il se réveille incomplètement, et pour une courte durée, la qualité de son sommeil profond, réparateur, est altérée, ce qui explique les somnolences de la journée.

Supprimer les apnées
Le traitement de référence du SAS (après l'amaigrissement bien sûr), parce que le plus efficace (90 % de bons résultats) sur le ronflement et surtout les complications cardiovasculaires provoquées par le SAS, est la ventilation en pression positive continue (PPC) pendant le sommeil. En pratique, le malade porte, la nuit dans son lit, un masque relié à un appareil (aujourd'hui silencieux, moins de 30 décibels, ce qui est très inférieur au ronflement !, et de la taille d'un agenda) qui insuffle de l'air à une pression (positive) empêchant l'obstruction des voies aériennes et le fameux collapsus pharyngé.

Quand l'appareil est bien réglé, tous les symptômes, notamment le ronflement, la somnolence diurne, la fatigabilité, disparaissent presque aussitôt. L'amélioration est telle qu'en dépit du caractère contraignant de la technique (machine à demeure et possible irritation du nez), les patients, qui récupèrent une structure de sommeil normale, observent quasi-parfaitement le traitement. Celui-ci doit être poursuivi au long cours, l'arrêt étant sanctionné par une récidive de la maladie.

Des opérations chirurgicales du ronflement ont été proposées, qui consistent à intervenir sur la luette, sur le voile, éventuellement avec des courants de radiofréquence pour l'immobiliser... Les orthèses d'avancée de la mandibule rendent de précieux services seules ou en complément de la ventilation par PPC. Enfin, faute de bien connaître le pourquoi de ces apnées, il n'existe pour le moment aucun médicament du SAS, qui modifieraient la structure du sommeil ou l'activité des muscles des voies aériennes.

Parfaitement inefficaces à ce stade, les dilatateurs de narines, sprays et autres gouttes, peuvent être tentés sur les ronflements simples... L'objectif est ici d'ouvrir les voies aériennes pour que la circulation de l'air se fasse sans obstacle, surtout la nuit.
Publié le 19 octobre 2012 à 12:13 (mis à jour le 25 octobre 2012 à 16h57)
Top News

Vos RÉACTIONS


Publicité
Publicité