Des hémorroïdes, des veines mal placées

Si heureusement la plupart des hémorroïdes se résolvent avec des moyens simples, certaines relèvent de techniques instrumentales, voire du chirurgien et de son bistouri.

hémmoroides
Les hémorroïdes sont des formations vasculaires naturelles (lacs sanguins et petits vaisseaux) qui ressemblent à des grappes de raisin "agrafées" entre elles et à l'anus. Elles sont externes, à l'extérieur de l'anus, ou internes, en forme de coussinets vasculaires situés à la partie haute du canal anal (juste avant la sortie).

Premières sorties
À la poussée, ces hémorroïdes, internes (quand on parle d'hémorroïdes, de maladie hémorroïdaire, c'est d'elles dont on parle essentiellement), s'extériorisent et sont parfois incapables de réintégrer spontanément leur place habituelle. Mais au tout premier stade, elles sont juste congestionnées et un saignement occasionnel, rouge vif, peut se produire. Le premier traitement consiste à réguler le transit pour éviter les poussées trop fortes, par des modificateurs type mucilages (qui réduisent le risque de constipation) et une alimentation riche en fibres (contenus dans les haricots verts, les fruits, le son de blé, etc.). Un "régime" qui permettra également de prévenir la survenue d'autres crises... On y ajoute des veinotoniques à fortes doses (diosmine ou ginkgo biloba, y compris l'Intrait de marron d'Inde), justifiés dans tous les cas, et parfois des anti-douleurs, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (type ibuprofène) par la bouche (gare, contre-indiqués chez la femme enceinte, sujette à hémorroïdes), pour soulager les douleurs d'une thrombose hémorroïdaire.

Enfin, des applications locales de produits associant diversement protecteurs muqueux, anesthésiques locaux, anti-oedémateux, veinotoniques et/ou spasmolytiques diminuent douleurs et saignements, en cure courte.

Un traitement spécifique pour chaque stade
Un stade au-dessus, les hémorroïdes sortent à la poussée, mais elles sont réductibles, c'est-à-dire que l'on peut les pousser, au doigt, pour qu'elles reviennent dans le canal anal, à leur place. En plus du traitement des symptômes (s'il y en a, douleurs liées à l'extériorisation, démangeaisons par exemple) par des médicaments, trois possibilités "instrumentales" validées peuvent résoudre les problèmes de saignements des hémorroïdes (les rectorragies) et de prolapsus (des hémorroïdes internes qui restent coincées à l'extérieur) : les injections sclérosantes, la photo-coagulation infrarouge ou la ligature élastique, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients, à discuter avec le médecin, proctologue et/ou gastro-entérologue.

Au-delà, pour des hémorroïdes fortement "prolabées" (sorties) et/ou irréductibles, c'est au chirurgien de régler le problème, qui les fixe à la partie haute du canal, une zone solide et peu sensible..

Enfin, tout saignement ou douleur anale n'est pas forcément le fait d'hémorroïdes... Une consultation est du coup obligatoire pour écarter la possibilité d'un polype ou d'un cancer du colon par exemple.

 

Publié le 25 octobre 2012 à 18:09 (mis à jour le 25 octobre 2012 à 18h14)
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