Des varices, dont on peut se passer

La partie visible de l'iceberg du réseau veineux ! Elle peut être gommée désormais par des techniques de moins en moins invasives, sûres et efficaces, sous anesthésie locale... et non encore remboursées.

varices
Une personne sur 6 voit ses veines, parce qu'au fil des ans, elles se sont dilatées, y compris et surtout en superficie, là où elles sont naturellement les plus affichantes, et se sont muées en varices. Un mot de "tuyauterie" pour comprendre : les artères partent du cœur pour irriguer les tissus des différents organes, cerveau, mains, pieds et le reste en oxygène, vitamines et minéraux. Elles s'y divisent en artérioles (des artères de plus petit calibre), puis en capillaires au niveau desquels s'effectuent les échanges, d'oxygène dans un sens (largué par le sang artériel), de déchets dans l'autre, pris en charge par de petites, puis grosses veines qui les charrient vers les poumons et les reins pour une "détoxification" et se charger en oxygène. Et ainsi de suite.

Circulation ralentie
Loi de la pesanteur oblige, lorsque les veines ne sont pas épaulées par le muscle du mollet notamment (en cas de piétinement par exemple), les zones bas situées, cheville et partie inférieure de la jambe, sont engorgées par le sang veineux qui stagne faute de propulsion, plus haut, dans les gros troncs veineux, superficiels (sous la peau) et profonds (dans le muscle), respectivement 20 et 80 % du réseaux veineux.

Si l'on ne fait rien pour inverser la tendance, la paroi des veines se déstructure progressivement (paroi des veines moins tonique et valvules anti-reflux à la peine) sous l'effet de la pression exercée par le sang. Une inflammation, un œdème (conséquence de ce ralentissement du flux, par "exfiltration"), des changements de couleur et d'épaisseur de la peau, enfin un ulcère témoignent de cette circulation chaotique. Le réseau superficiel aussi peut se dilater, dessinant les fameuses varices, et ce d'autant plus facilement que la génétique s'en mêle... Celles-ci sont bien sûr le reflet en surface de la fragilisation du réseau veineux profond, à l'origine parfois de phlébites, voire d'embolies quand les circonstances s'y prêtent (une immobilisation forcée notamment).

Techniques de pointe
Pendant des années, on (les médecins vasculaires) n'a fait que "stripper", c'est-à-dire arracher, les veines dilatées, pour régler le problème esthétique, la fonction (de retour veineux) étant essentiellement assurée par le réseau profond. Cette intervention reste le gold standard. Le résultat toutefois est imparfait en ce que les problèmes post-opératoires ne sont pas négligeables et les récidives fréquentes (40 à 75 % à 5 ans). On sclérosait également les varices de petit calibre, autrefois sous contrôle de la vue et du toucher, avec un actif liquide. La procédure a été aujourd'hui considérablement améliorée, le geste contrôlé et sécurisé, grâce au guidage échographique.et à l'injection d'une mousse sclérosante. On peut ainsi traiter de gros troncs, de moins de 8 mm de diamètre (les saphènes), des perforantes, les récidives post-chirurgicales, etc.

Autre option, les traitements endoveineux thermiques, laser ou radiofréquence, qui altèrent la paroi sous l'effet de la chaleur et induisent une sclérose. L'intervention est réalisée soit au cabinet dans une pièce spécifique, soit au bloc opératoire, sous contrôle échographique également, après qu'une cartographie précise ait été établie par écho-Doppler. Cette technique est indiquée, à l'image de la chirurgie conventionnelle, pour traiter une incontinence des grandes et petites veines saphènes, des perforantes, etc. Mousse sclérosante, laser ou radiofréquence, ces techniques endoveineuses, mini-invasives, sont préférées pour les personnes âgées, quand une anesthésie générale n'est pas souhaitée, chez les patients obèses et/ou sous anticoagulants.

Publié le 25 octobre 2012 à 18:17 (mis à jour le 25 octobre 2012 à 18h27)
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